Depuis plusieurs mois, Haïti traverse une période de turbulences politiques sans précédent. Mais le dernier scandale en date, impliquant des membres de l’Accord du 21 décembre, marque un tournant inquiétant dans l’histoire politique du pays. André Michel, Saurel Jacinthe, Pascal Adrien et Jorchemy Jean-Baptiste, figures de proue de l’accord, ont été expulsés après avoir signé un document controversé reconnaissant un groupe terroriste comme une force politique légitime.
Acte de rupture ou de trahison ?
Dans une note officielle, les membres restants de l’Accord ont annoncé cette décision, bien que les noms des personnes visées n’aient pas été explicitement mentionnés. Cette mesure découle de leur initiative d’envoyer un document à la CARICOM, dans lequel ils légitimaient le groupe armé « Viv Ansanm » et proposaient le transfert du pouvoir exécutif à la Cour de cassation. Ces actions, perçues comme une alliance directe avec des criminels, jettent un voile de discrédit sur la coalition.
Le poids des alliances douteuses
Il est important de rappeler que « Viv Ansanm » est considéré comme un groupe terroriste, responsable d’actes de violence et d’intimidation dans plusieurs régions du pays. En cherchant à les intégrer dans le jeu politique, ces signataires envoient un message inquiétant : la normalisation de la criminalité comme moyen de gouvernance. Cette posture soulève des questions sur les motivations réelles de cet acte. S’agit-il d’une tentative de trouver un terrain d’entente avec les gangs pour éviter une confrontation directe ? Ou s’agit-il d’une stratégie opportuniste visant à renforcer leur pouvoir ?
Répercussions nationales et internationales
Localement, cette décision a suscité un tollé. De nombreux citoyens et organisations civiles la dénoncent comme un acte de trahison des principes démocratiques. Sur le plan international, la crédibilité de l’accord du 21 décembre est sérieusement remise en question. Comment les partenaires étrangers peuvent-ils continuer à soutenir une initiative entachée par des alliances aussi douteuses ?
Le défi de l’intégrité politique
Cet épisode met en lumière l’un des plus grands défis de la politique haïtienne : le besoin urgent d’une classe politique intègre et cohérente. En flirtant avec des acteurs criminels, certains leaders politiques sapent les efforts collectifs pour restaurer la stabilité et la paix dans le pays.
Haïti est à nouveau à la croisée des chemins. Ce scandale n’est pas une crise de plus, il reflète un problème systémique d’éthique et de leadership. Si les signataires de l’Accord espèrent regagner la confiance de la population, ils doivent entreprendre une révision profonde de leurs priorités et de leurs pratiques.