15 ans après le séisme du 12 janvier 2010, Haïti oublié par l’histoire

Written on 01/12/2025
Mackendy Filderice

Le 12 janvier 2010, Haïti a connu l’une de ses plus grandes tragédies : un tremblement de terre de magnitude 7,3 a frappé la capitale, Port-au-Prince, et ses environs, faisant des milliers de morts et des centaines de milliers de sans-abri. Quinze ans plus tard, le pays semble avoir tourné la page, mais le souvenir de cette catastrophe semble s’estomper peu à peu, noyé dans la crise sociopolitique et les violences qui ravagent Haïti depuis plusieurs années.

Alors que des commémorations officielles sont attendues pour honorer la mémoire des victimes et rappeler l’importance de la résilience de la population haïtienne, force est de constater qu’aucune manifestation d’envergure n’a marqué cette date. Cette absence de célébration officielle témoigne de la lente érosion de la mémoire collective, exacerbée par la situation chaotique actuelle du pays.

Malgré une douleur persistante et une souffrance non cicatrisée, Haïti semble enfermé dans un présent où la crise humanitaire et la violence des gangs dominent le paysage. Accablés par l’insécurité et le manque de services de base, les Haïtiens peinent à se souvenir des grandes tragédies du passé, et la commémoration du tremblement de terre de 2010 est reléguée au second plan.

Pourtant, la vulnérabilité du pays demeure. La récurrence des catastrophes naturelles, combinée à une situation politique et économique très instable, expose à nouveau la population à de nouvelles tragédies. La fragilité des infrastructures, la pauvreté endémique et l’incapacité des autorités à assurer une gestion efficace des crises créent un terreau fertile pour des crises similaires à celle du 12 janvier 2010.

Dans cette atmosphère de désespoir, il devient crucial de se souvenir de ce qu’Haïti a vécu. Réfléchir à ce passé douloureux peut nous aider à comprendre les erreurs du présent et, espérons-le, à travailler à un avenir où la mémoire et la résilience ne seront plus effacées par l’urgence de la survie.

Source photo: Haiti Climat