2024, l’année la plus meurtrière en Haïti : que reste-t-il à faire en 2025 ?

Written on 01/10/2025
Mackendy Filderice

L’année 2024 marque une page sombre de l’histoire d’Haïti. Selon un rapport des Nations unies, plus de 6 500 Haïtiens ont perdu la vie ou ont été blessés en l’espace de deux ans. Un chiffre effroyable qui souligne l’ampleur de la crise à laquelle le pays est confronté. Pourtant, à l’aube de 2025, les Haïtiens semblent pris dans un éternel recommencement. Le rythme de la violence, loin de se calmer, reste inchangé et l’espoir d’un nouveau départ semble toujours aussi ténu.

Les semeurs de mort, les groupes armés qui écument les rues du pays, sont toujours là, semant la terreur et la désolation. Les récents assassinats perpétrés à Delmas, entre le 5 et le 6 janvier, illustrent tragiquement cette réalité persistante. Haïti aborde l’année 2025 avec un sentiment d’impuissance palpable, face à une situation qui se dégrade de jour en jour.

Le pays se trouve à un carrefour décisif. A moins d’un an des élections, le climat sécuritaire reste fragile, voire chaotique. Les gangs qui ont pris le contrôle de la capitale, Port-au-Prince, et de ses environs, maintiennent leur emprise sur plus de 80% de la zone métropolitaine. Ils imposent leur loi, rendent les rues impraticables et paralysent la vie quotidienne des citoyens. Les autorités nationales et locales luttent pour rétablir l’ordre. Bien que les hauts responsables promettent régulièrement de rétablir la sécurité, la situation semble échapper à tout contrôle.

L’aéroport international Toussaint Louverture est une autre illustration de la lenteur de la transition actuelle. Cette infrastructure, autrefois vitale pour le commerce et la connectivité internationale, semble aujourd’hui dans un état de délabrement. L’absence de vols commerciaux, en particulier ceux opérés par les compagnies aériennes américaines, a paralysé les déplacements. Bien que des annonces aient été faites pour une reprise des opérations dès décembre 2024, nous sommes aujourd’hui face à un aéroport fantôme, symbole du déclin des services essentiels.

Dans ce contexte, la question est de savoir ce qu’il reste à faire d’ici 2025. Le pays doit se réinventer, mais comment, avec un système de sécurité défaillant et une économie en crise ? Les priorités sont claires : rétablir l’ordre, restaurer la confiance des citoyens et relancer l’activité économique. Mais pour cela, il faut plus que des discours, il faut des actes concrets. Il faudra un véritable engagement des autorités et de la communauté internationale à fournir les ressources et le soutien nécessaires à cette reconstruction.

Il est grand temps de mettre fin à ce cycle infernal de violence et de souffrance. Haïti mérite mieux que ce tableau de misère. Les promesses de rétablissement de la paix doivent se traduire par des résultats tangibles. Les Haïtiens attendent avec impatience une lueur d’espoir en 2025, mais cela ne sera possible que si des décisions audacieuses et courageuses sont prises, au-delà des mots.