Un état de papier : l’inaction tragique du CSPN face au carnage de l’Hôpital Général

Written on 12/27/2024
Mackendy Filderice

La gestion de la crise à l’Hôpital Général par le Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN) est un nouvel épisode de l’incompétence et de l’indifférence des autorités face aux drames qui endeuillent le pays. Alors que les victimes pleurent leurs morts et que la population attend des réponses, aucune opération de police n’a été lancée pour sécuriser la zone et traduire les responsables en justice.

La seule action visible ? Le remplacement du ministre de la santé, un geste purement cosmétique qui n’apporte aucune solution concrète. Ironie du sort, il a été remplacé par le ministre de la Justice, Patrick Pelissier, lui aussi impliqué dans le drame. En effet, dans une lettre datée du 16 décembre, le ministre Lorthé Bléma avait demandé à Pelissier d’instruire le directeur général de la PNH d’assurer la sécurité à l’hôpital général. Cette demande est restée sans réponse.

Pendant ce temps, le Premier Ministre Fils-Aimé, chef du CSPN, se contente de condamner la situation par des communiqués de presse aussi creux que répétitifs. Ce mode de gouvernance, basé sur des notes officielles et des déclarations stériles, témoigne d’un mépris flagrant pour la détresse des populations.

Au-delà de cette inaction, un détail est encore plus choquant : le gouvernement dépense chaque mois plus de 180 millions de gourdes pour des activités de renseignement. Or, ces fonds, censés renforcer la sécurité nationale, sont détournés à des fins personnelles, aggravant l’impunité et l’instabilité.

Cet événement tragique révèle une vérité crue : le pouvoir ne gouverne pas, il communique. Et dans cette stratégie, la population n’est qu’un spectateur impuissant, condamné à subir en silence.

Quand cesserons-nous de tolérer un État de papier, régi par des notes et des promesses non tenues, alors que le sang des innocents continue de couler ? La vraie question n’est plus de savoir si les autorités vont agir, mais combien de temps la population va accepter d’être abandonnée à son sort.

Source photo: Impulse web medias