La récente résolution concernant l’implication des agents de la BSAP dans la lutte contre les bandes armées a été publiée dans le journal officiel Le Moniteur. Ce document, en apparence bienvenu, marque un pas en avant dans l’éradication de l’insécurité, mais il soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses.
D’une part, la résolution introduit un cadre qui peut sembler utile, mais elle révèle aussi des lacunes inquiétantes, notamment en ce qui concerne la clarté des modalités de déploiement et les règles de collaboration avec les forces de l’ordre. L’article 3 de la résolution prévoit que ces modalités seront définies par un protocole d’accord à établir entre les institutions concernées. Cette formulation vague soulève des doutes quant à l’efficacité réelle du déploiement et à la capacité des institutions à se mettre d’accord sur les priorités de cette collaboration.
Dans un contexte où les bandes armées ont non seulement pris le contrôle de plusieurs quartiers mais ont également intensifié leur influence, la question reste posée : combien de temps faudra-t-il pour que ce protocole devienne une réalité et quel sera son impact réel sur le terrain ?
La situation de violence qui prévaut dans le pays appelle des réponses immédiates, mais la lenteur de l’administration à fixer des détails essentiels sur le soutien des agents de la BSAP pourrait bien compromettre l’efficacité de cette initiative. Le peuple haïtien attend des actions immédiates et des résultats tangibles, pas une solution qui tarde à se matérialiser sous couvert de protocoles bureaucratiques.
La transition politique, et en particulier la lutte contre l’insécurité, ne peut se permettre de tergiverser. Les autorités, qu’elles soient gouvernementales ou sécuritaires, doivent comprendre qu’il est impératif d’agir avec détermination. La résilience des États face à la criminalité et aux bandes armées ne doit pas être une question de promesses bureaucratiques, mais d’actions immédiates sur le terrain.
L’inaction de trop de résolutions et de protocoles n’a que trop duré. Le pays ne peut plus se permettre de traiter la crise de l’insécurité comme une simple formalité à régler par des discussions sans fin.